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Les chroniques de la Rue des livres

Les présentations de romans, albums pour petits et grands, diffusées sur Radio d'Oc Moissac

Les brillants / Marcus Sakey .- Gallimard (série noire), 2015

Publié le 13 Juillet 2015 in Policier, Politique, Différence

Les brillants / Marcus Sakey .- Gallimard (série noire), 2015

Le premier tome d’une trilogie à couper le souffle.

Depuis les années 80, est apparu un phénomène inexplicable : 1% de la population mondiale naît surdouée. Et aujourd’hui, il ne naît plus un savant par génération mais un toutes les heures. Les capacités exceptionnelles des Brillants, appelés aussi «les Tordus » ou « les Monstres » deviennent rapidement pour les Normaux un enjeu planétaire et un danger majeur. Personne ne sait comment est né ce processus ni combien de temps il se poursuivra ni ce qui se passera lorsque ces enfants Brillants grandiront.

On les place ainsi dans des académies dès 8 ans et jusqu’à leur majorité afin de les éduquer, de les étudier voire de les manipuler et les contrôler… Après avoir dépossédé les enfants de leur famille et de leur identité (tous s’appelleront désormais Smith), on leur attribue un tuteur « normal » :

Chaque enfant a un mentor, toujours un normal, qui est tout pour lui. Les académies mettent tout en œuvre pour que nous soyons constamment sous la menace les uns des autres. Le mentor est la personne en qui tu es censé avoir confiance. Evidemment, ce sont eux les véritables monstres, mais c’est quelque chose que les enfants ne comprennent pas.

Car depuis qu’un Brillant, Erik Epstein a fait s’effondrer les marchés boursiers, il s’agit de se protéger de cette part de la population. L’endoctrinement des enfants, sous couvert d’éducation adaptée à leurs dons, est la première pierre apportée à l’édifice. Puis un second principe de précaution, qui consiste à implanter une micro-puce voit le jour.

En parallèle, la nouvelle division du Département analyse et réaction, « Les Services équitables » est chargée de traquer et d’exécuter les civils qui porteraient atteinte à la société.

Tant que les anormaux étaient des membres productifs de la société, de bons citoyens qui obéissaient aux lois, ils avaient les mêmes droits et la même protection que tout un chacun. Les Services Equitables s’occupaient de ceux qui ne jouaient pas le jeu.

Une mission extrême. A son service, des agents dits les inquisiteurs ou les « extincteurs de réverbères » qui ont vu leur légitimité s’affirmer suite à l’attentat terroriste mené par un Brillant, l’anormal « John Smith », faisant 73 morts dont un sénateur influent.

L’agent Nick Cooper fait partie de ces inquisiteurs. Brillant de niveau un, il pourchasse les siens, convaincu « d’être du bon côté ». Doté de la capacité d’établir des schémas à partir du langage corporel, il devine et anticipe les comportements humains, peut déceler le mensonge, les inéquations entre paroles et gestuelle… ce qui fait de lui un des meilleurs agents du DAR pour traquer John Smith à qui vient d’être attribué le plus grand attentat terroriste jamais vécu : l’explosion du quartier des affaires Léon Walras Exchange et ses 1143 victimes ; ce qui n’est pas sans rappeler les attentats vécus par les Etats-Unis du 11/09. Mais son patriotisme va être mis à rude épreuve lorsque sa fille de 4 ans menace d’être testée pour intégrer une académie…

Il conclut alors un marché avec son patron : faire semblant de changer de camp afin de se rapprocher de John Smith pour l’éliminer en échange de la protection de sa fille qui ne sera jamais testée. Nick Cooper devient alors la nouvelle cible à abattre. Faisant cavalier seul, il est l’homme traqué par son ancienne Agence.

Cela avait été une surprise – et oui, d’accord, également un plaisir- de s’apercevoir à quel point il était doué pour faire le méchant. Les mêmes dons qui lui permettaient d’être le meilleur agent des Services Equitables faisaient de lui un criminel exceptionnel et influent. […] Il avait connu quelques sensations fortes dans le milieu du crime, mais son ancienne agence était bien plus dangereuse que ses nouveaux amis. Comme ils l’avaient convenu, Drew Peters avait fait peser la responsabilité de l’explosion sur les épaules de Cooper. Il était désormais l’une des cibles prioritaires des Services Equitables. Par trois fois, ils l’avaient traqué – à Dallas, Los Angeles et Detroit. A Detroit, ça avait senti le roussi. Il avait presque dû tuer un agent.

Sur son chemin, il se liera avec Shannon, La Fille Qui Passe A Travers Les Murs et lèvera peu à peu le voile sur un complot bien plus incroyable qu’il ne l’aurait pensé. Son intégrité et son patriotisme seront ébranlés par des interrogations de plus en plus importantes, jusqu’à ne plus savoir à quel camp appartenir.

Une dystopie dont on attend avec impatience les deux prochains volumes et qui nous dépeint une utopie cauchemardesque où la société dérive vers des idéologies de manipulation et d’ostracisation des populations.

Autres dystopies célèbres qu'il ne faut pas manquer : Farenheit 451 (Bradbury) ; Le meilleur des mondes (Huxley)…

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