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Les chroniques de la Rue des livres

Les présentations de romans, albums pour petits et grands, diffusées sur Radio d'Oc Moissac

Nos étoiles contraires / John Green .- Nathan (2014)

Publié le 11 Décembre 2014 in Ado, Sentiments, Humour

Nos étoiles contraires / John Green .- Nathan (2014)

Je vais vous parler d’un livre phénomène dont vous avez très certainement entendu parler, si ce n’est du livre peut être de son adaptation cinématographique sortie dans les salles cet été. Je veux bien sur parler de « Nos étoiles contraires » écrit par John Green et paru chez Nathan en 2014.

C’est l’histoire d’Hazel, seize ans atteinte d’un cancer de la thyroïde. Sa mère et son médecin, ayant décrété qu’elle était en pleine dépression, l’ont obligé à participer à un groupe de parole dans lequel se retrouvent d’autres jeunes atteints eux aussi d’un cancer, sauf qu’elle, ça ne l’enchante guère d’en faire partie.

Je vous propose de lire le tout début du livre pour vous donner le ton de l'histoire :

L’année de mes dix-sept ans, vers la fin de l’hiver, ma mère a décrété que je faisais une dépression. Tout ça parce que je ne sortais quasiment pas de la maison, que je traînais au lit à longueur de journée, que je relisais le même livre en boucle, que je sautais des repas et que je passais le plus clair de mon immense temps libre à penser à la mort.
Quoi qu’on lise sur le cancer (brochures, sites Internet ou autres), on trouvera toujours la dépression parmi les effets secondaires. Pourtant, la dépression n’est pas un effet secondaire du cancer. C’est mourir qui provoque la dépression (et le cancer, et à peur près tout, d’ailleurs). Mais ma mère, persuadée que je devais être soignée, a pris rendez-vous chez mon médecin, le docteur Jim, qui a confirmé que je nageais en pleine dépression, une dépression tétanisante et tout ce qu’il y a de plus clinique. Conclusion : il fallait modifier mon traitement, et je devais m’inscrire à un groupe de soutien hebdomadaire.
Le groupe mettait en scène des personnages plus ou moins mal en point et sa composition changeait régulièrement. Pourquoi changeait-elle ? C’est un effet secondaire de mourir.
Inutile de préciser que ces séances étaient déprimantes au possible. Elles avaient lieu tous les mercredis dans la crypte en forme de croix d’une église épiscopale aux murs de pierre. On s’asseyait en cercle au centre de la croix, là où les deux morceaux de bois auraient dû se croiser : pile où le cœur de Jésus aurait dû se trouver.
Je le savais parce que Patrick, l’animateur, qui était aussi la seule personne du groupe à avoir plus de dix-huit ans, nous bassinait à chaque réunion avec le cœur de Jésus, au centre duquel nous, jeunes survivants du cancer, étions littéralement réunis.

Mais un jour Augustus, amputé d’une jambe et souffrant d’ostéosarcome, apparait dans ce même groupe et va lui en donner un tout autre intérêt. Tous deux vont apprendre à se connaître. Azel va lui faire découvrir un livre qu’elle adore, « Une impériale affliction » de Peter Van Houten, et lui-même va ce prendre de passion pour l’ouvrage. Mais tous les deux, frustrés par une fin qu’ils considèrent comme inachevée, vont se lancer dans un voyage inoubliable à Amsterdam pour retrouver l’auteur et lui demander d’écrire une suite. Bien sûr tout ne va pas se dérouler exactement comme ils l’avaient prévu. Je ne vous en dis pas plus sur ce voyage ni sur la suite de l’histoire.

Je vous avoue que pour la lecture de ce livre j’y suis allée un peu, voir beaucoup, à reculons. Je me suis dit que c’était un énième livre ado sur un sujet assez triste, alors qu’il y a quand même d’autres choses plus gaies dont on peut parler, et qui avait pour unique but de faire « pleurer dans les chaumières » comme on a l’habitude de dire.

Et bien je me suis fait avoir ! Ce n’est pas du tout un livre larmoyant dans lequel on s’apitoie sur le sort de ces pauvres adolescents malades. Il est au contraire plein d’humour, on rit beaucoup avec les deux personnages principaux, leur relation est belle et touchante. Et si l’on pleure, parce que oui j’avoue encore que j’ai dû sortir le paquet de mouchoirs, ce n’est pas forcément de tristesse dans les pires moments qui peuvent arriver à Hazel et Augustus, mais tout simplement parce que cette histoire est touchante. Les voir évoluer tous les deux que ce soit dans leur lutte face à la maladie ou dans leur relation amoureuse est un vrai plaisir. Tout est dit simplement et de manière très sensible.

 

Alors je ne vais pas vous mentir, n’attendez quand même pas un happy end à cette histoire mais ne cherchez pas non plus du pathos ou du politiquement correct vous n’en trouverez absolument pas dans ce livre est c’est tout ce qui fait son charme !

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