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Les chroniques de la Rue des livres

Les présentations de romans, albums pour petits et grands, diffusées sur Radio d'Oc Moissac

Le coeur régulier / Olivier Adam .- Points, 2011

Publié le 24 Novembre 2014 in Romans, Sentiments

Le coeur régulier / Olivier Adam .- Points, 2011

Suite au décès de son frère Nathan, Sarah part sur les traces de son jumeau de cœur au Japon là où il a vécu ses derniers jours. Quittant sa vie rangée et insipide de mère, épouse, professionnelle ayant prouvé à sa famille qu’elle avait réussi, elle part aussi dans la quête d’elle-même au travers d’une meilleure connaissance de son frère. Cet homme si proche et si différent qu’elle n’a pas su comprendre, qui rejetait les conventions, un écorché vif qui menait une vie hors norme fragile sans autonomie, et qui développait au fond de lui la passion de l’écriture frustrée, jamais reconnue.

Elle était sa bouée, sa sœur jumelle, qui le protégeait et le récupérait au bord du gouffre même financier, au grand dam de son mari.

Tout au long du roman, la culpabilité de Sarah s’exprime tout comme son amour passionnel pour son frère, le choix de vie qu’elle a fait et qu’elle regrette. Il y a une partie sur la déconstruction et une seconde sur la découverte de soi, la libération du poids de la responsabilité.

Lors de son séjour au Japon dans ce village de bord de mer, Sarah va côtoyer des personnages lumineusement étranges dont Natsume Dombori, un vieillard discret et humble qui empêche les gens de se jeter du haut des falaises dans la mer et auprès duquel Nathan se serait ressourcé. Il pose sa main sur leur épaule et les invite à passer quelques jours chez lui, et cela semble fonctionner dans cette société japonaise où les suicides sont fréquents.

C’est un récit triste, l’histoire n’est pas originale certes, les clichés sont nombreux (la femme qui a réussi, qui s’ennuie avec son mari, la sœur petite dernière qui est la préférée et ne comprend rien au drame, les séminaires d’entreprise…). C’est l’écriture d’Olivier Adam dans sa fluidité et sa simplicité qui nous emmène, et surtout son impressionnante capacité à se fondre dans un personnage féminin qui nous touche.

"J'aime ici que l'on chérisse ses morts en plein cœur de la vie, qu'à tout instant l'on interrompe le cours des choses pour se recentrer sur l'essentiel, ses souhaits les plus profonds, le sens de ses actes, l'amour qu'on porte à ses proches, sa famille, ses amis. J'aime sentir Nathan flotter autour de moi, emplir l'air, sentir son haleine, ses temps toujours moites, la chaleur de ses mains, j'ai la sensation brûlante qu'il est là, tout proche."

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