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Les chroniques de la Rue des livres

Les présentations de romans, albums pour petits et grands, diffusées sur Radio d'Oc Moissac

Hubert Haddad... portrait d'auteur

Publié le 6 Décembre 2014 in Portrait d'auteur

L’univers mouvant d’Hubert Haddad gravite de longue date autour d’une idée fixe : « redonner une place en littérature à l’imaginaire et à ses pouvoirs infinis », et c’est précisément ce thème qu’il a choisi pour fil rouge de la 24e édition de Lettres d’Automne, sous le titre de La Condition magique.

Le festival a lieu du 17 au 30 novembre 2014 à Montauban et dans d’autres lieux du département dont Moissac.

Hubert Haddad... portrait d'auteur

Qui est Hubert Haddad ?


Né à Tunis en 1947, il suit l’exil de ses parents quelques années plus tard, à Belleville, Ménilmontant puis dans les banlieues populaires de Paris. Pour lui « La poésie a vite pris toute la place, violente, exclusive, multiple dans ses investigations tant verbales que plastiques. ». Depuis Un rêve de glace, son premier roman, jusqu'aux interventions borgésiennes de l'Univers, étonnant roman-dictionnaire, ou Palestine, fiction hantée par le conflit du Proche Orient (Prix des cinq continents de la Francophonie 2008), Hubert Haddad nous implique magnifiquement ,par le biais d’une œuvre immense, dans son engagement intellectuel, de poète et d'écrivain. Il anime depuis 1983 la collection de poésie Double Hache aux éditions Bernard Dumerchez. Il fait partie du Groupe « Quando » et de la Nouvelle fiction.

Qu’est-ce que la nouvelle fiction ?

Deux tendances apparaissent fin XXe siècle, d’une part une littérature qui se regroupe autour de la sexualité avec Angot, Despentes, Millet, Houellebecq, R. Camus ; de l’autre le retour en force de l’imaginaire et des développements narratifs avec la « Nouvelle Fiction » dont il est dit qu’elle se regroupe autour de « Marc Petit et George-Olivier Châteaureynaud ».

A l'époque où le « réalisme » est porté au pinacle, la Nouvelle Fiction cherche à rendre compte d'un autre réel : celui des profondeurs poétiques de l'âme humaine.

Ainsi, la nouvelle fiction privilégie l’imaginaire, la fantaisie et les surprises par le recours aux mythes, à l’exotisme et aux voyages mais aussi une influence médiévale et la psychanalyse. On y utilise donc le réel mais aussi le fantastique et le surréalisme. Une seule chose est acquise : le refus du Nouveau Roman et de la littérature minimaliste.

Marc Petit, Éloge de la fiction, Paris, Fayard, 1999 (extrait)

Selon Marc Petit, la littérature contemporaine est une littérature du réel. Il a pris le dessus alors même qu'il est indicible – " car aucun mot ne saurait dire ou seulement désigner du doigt sa propre absence, faire sentir à quoi ressemblait le monde avant les mots " (p. 15) – et que le vrai est inatteignable (p. 56). Contre cette littérature du réel, comparable au reportage social, il défend les écrivains " de taille à créer un monde " (p. 34), ceux qui ont recours au mythe " sans lequel il n'est pas d'œuvre d'imagination réellement vivante " (p. 63). La fiction pour laquelle plaide M. Petit est donc celle qui, " à la différence des fictions ordinaires, ne cache à aucun moment son caractère de fiction " (p. 108). Car, nous dit-il, le but de la littérature n'est pas de représenter ce réel insaisissable, mais de créer des mondes, d'échapper à son engluement.

Ainsi, d'un côté, il y aurait les auteurs sans imagination, des autobiographes (Leiris, Donner, Angot) et des " néo-naturalistes " (Virginie Despentes, Michel Houellebecq), qui conçoivent l'espace littéraire comme un lieu où l'on se représente soi et le monde, et de l'autre les écrivains qui imaginent, travaillent sur les mythes et par là créent de véritables fictions.

Focus sur quelques œuvres ... (source : éditions Zulma) :

Prix des cinq continents de la francophonie // Prix Renaudot Poche 2009

Prix des cinq continents de la francophonie // Prix Renaudot Poche 2009

Quelque part en Cisjordanie, entre la Ligne verte et la « ceinture de sécurité », une patrouille israélienne est assaillie par un commando palestinien. Un soldat tombe sous le feu, un autre est enlevé par le commando bientôt en pleine déroute. Blessé, sous le choc, l’otage perd tout repère, en oublie son nom. C’est, pour lui, la traversée du miroir. Seul survivant, sans papiers, en vêtements civils et keffieh, le jeune homme est recueilli, soigné puis adopté par deux Palestiniennes. Il sera désormais Nessim, frère de Falastìn, étudiante anorexique, et fils d’Asmahane, veuve aveugle d’un responsable politique abattu dans une embuscade. C’est ainsi que Nessim découvre et subit les souffrances et tensions d’une Cisjordanie occupée...

Prix du Cercle Interallié 2012

Prix du Cercle Interallié 2012

Encore et encore, on lui demande comment il s’appelle. La première fois, des gens lui avaient psalmodié tous les prénoms commençant par la lettre A. Sans motif, ils s’étaient arrêtés sur Alam. Pour leur faire plaisir, il avait répété après eux les deux syllabes. C’était au tout début, à Paris. On venait de l’attraper sur un quai de gare, à la descente d’un train…
Au fil de cette traque à l’enfant, se dessine l’histoire d’Alam. Celle d’un petit paysan afghan, pris entre la guerre et le trafic d’opium, entre son désir d’apprendre et les intimidations de toute sorte, entre son admiration pour un frère tête brûlée et l’amour éperdu qu’il porte à une trop belle voisine…Ce magnifique roman à la précipitation dramatique haletante éclaire la folle tragédie des enfants de la guerre. « Qui aura le courage d’adopter le petit taliban ? » semble nous demander avec une causticité tendre l’auteur d’Opium Poppy.

 Grand Prix SGDL de littérature pour l’ensemble de l’œuvre // Prix Louis Guilloux 2013 // Prix des littératures Océans France Ô 2014

Grand Prix SGDL de littérature pour l’ensemble de l’œuvre // Prix Louis Guilloux 2013 // Prix des littératures Océans France Ô 2014

C’est au fin fond de la contrée d’Atôra, au nord-est de l’île de Honshu, que Matabei se retire pour échapper à la fureur du monde. Dans cet endroit perdu entre montagnes et Pacifique, se cache la paisible pension de Dame Hison dont Matabei apprend à connaître les habitués, tous personnages singuliers et fantasques. Attenant à l’auberge se déploie un jardin hors du temps. Insensiblement, Matabei s’attache au vieux jardinier et découvre en lui un extraordinaire peintre d’éventail. Il devient le disciple dévoué de maître Osaki. Fabuleux labyrinthe aux perspectives trompeuses, le jardin de maître Osaki est aussi le cadre de déchirements et de passions, bien loin de la voie du Zen, en attendant d’autres bouleversements… Avec le Peintre d’éventail, Hubert Haddad nous offre un roman d’initiation inoubliable, époustouflant de maîtrise et de grâce.

Mais il faut laisser les choses vivre un peu de guingois autour de toi. L'imperfection ouvre à la perfection. Tu achèveras en esprit l'inachevé. Le jardin idéal n'est qu'un rêve. Oui, rien d'autre qu'un rêve qui invite l'infini par clins d'œil. C'est l'unique harmonie.

Hubert Haddad... portrait d'auteur

De l’art de la nouvelle et du conte à celui du roman, du sonnet baroque à la poésie contemporaine, du haïku au genre épistolaire, sillonnant entre Rimbaud, Proust, Emily Brontë, Kafka, Borges, Daumal, Hardellet, Kraus et cent autres, cet objet littéraire non identifié débride joyeusement l’imaginaire autant qu’il explore les arcanes de la création littéraire - ou comment trouver un sujet, investir de façon ludique la poésie, le théâtre ou le mot d'esprit, s’adonner aux délices de l’analogie et de la métaphore…

Foisonnant, passionné, érudit et simple, terriblement excitant, le Nouveau Magasin d'écriture est tout à la fois une encyclopédie subjective, un dictionnaire portatif, un bréviaire de style et un réservoir magique d’inspiration - en somme : un véritable manuel d’écriture et de littérature en action, pour tous les fous de littérature. Avec une richesse d’invention propice au rêve et à l’aventure, il offre une somme de dispositifs et de multiples rapprochements inédits, pour associer écriture et lecture dans une même perspective d’invention et d’émancipation.

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