Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les chroniques de la Rue des livres

Les présentations de romans, albums pour petits et grands, diffusées sur Radio d'Oc Moissac

Bestiaire disparu : histoire de la dernière grande extinction / Luc Semal.- Plume de Carotte, 2013

Publié le 24 Octobre 2014 in Documentaires, Animaux

Bestiaire disparu : histoire de la dernière grande extinction / Luc Semal.- Plume de Carotte, 2013

C'est l'occasion pour moi de vous présenter cette maison d'édition...

Les éditions Plume de Carotte ont été créées en 2001 et sont basées à Toulouse [impasse des bons amis]. Elles sortent une vingtaine de livres par an autour de la nature, que ce soit la faune ou la flore. Elle gardent à l’esprit cette idée de beaux livres comme on les aime, à l’esprit artisanal. Et la magie opère à chaque fois… Ajoutons-y un engagement éditorial clair et constamment renouvelé :

Quand la nature nous raconte des histoires humaines…
Parce que la nature est un immense terrain de jeu où les possibilités de découvertes, d’usages et d'émerveillement sont infinies, nous cherchons, au travers de nos publications, à ouvrir les regards à ses richesses. En découvrant ce qui nous entoure, on se découvre un peu plus nous-mêmes. En comprenant cet environnement, on y trouve notre place. En se l'appropriant, on prend confiance en soi, on aiguise ses sens de l'observation et on acquiert des outils de « décision citoyenne » pour agir et faire des choix.

Elles ont développé depuis plusieurs années leur spécialisation en environnement par un volet jeunesse avec l’appellation des Editions Petites plumes.

Bestiaire disparu : histoire de la dernière grande extinction / Luc Semal.- Plume de Carotte, 2013

Ce bestiaire qui a mis 5 ans à prendre forme et dont il est question aujourd'hui, nous amène à la rencontre de portraits d’animaux disparus et nous fait voyager dans la longue histoire de la terre qui a déjà connu 5 extinctions massives provoquées par des phénomènes naturels. [la 5° étant celle des dinosaures]. Ce livre nous alerte sur l’hypothèse de ce que l’on appelle la sixième extinction, commencée il y a 40 à 50.000 ans. Cette dernière n’a plus besoin des phénomènes naturels comme catalyseurs. L’homme, par ses activités et ses interventions sur le milieu naturel contribue lui-aussi à l’extinction de centaines d’espèces. Une extinction qui s’est accélérée au cours du dernier millénaire, voire ces dernières centaines d’années.

70 portraits nous sont présentés sur une double page. Chaque animal bénéficie d’une carte d’identité, de la description de son mode de vie, de son habitat et du récit de son extinction, le tout accompagné de grandes photographies muséographiques magnifiques.

Bestiaire disparu : histoire de la dernière grande extinction / Luc Semal.- Plume de Carotte, 2013

La progression de la lecture de ce livre se fait chronologiquement : toute cette galerie de portraits est amorcée par une première période : celle des extinctions préhistoriques, qui en l’absence de témoignages directs ont pu être diffusées par le travail des paléontologues.

La deuxième période abordée sera celle des explorations et des colonisations (de 1681 à 1945). Pourquoi 1681 ? Parce que cette date marque la disparition du dodo de l’île Maurice et va constituer un tournant majeur dans l’histoire des extinctions animales : pour la première fois, une espèce s’éteint après avoir été observée et décrite (même si cela reste sommaire). Cette période d’explorations est bien entendu synonyme de perturbations des milieux naturels : l’homme procède à la mise en culture des habitats, introduit des espèces invasives qu’elles soient prédatrices ou concurrentes, chasse… Mais elle est aussi synonyme des premières tentatives de conservation de l’espèce, encore tâtonnantes.

Une troisième période nous est présentée et s’axe sur l’accélération et l’expansion économique et démographique de 1945 à nos jours. Il faut savoir qu’après la 2° guerre mondiale, l’essentiel des terres émergées ont été visitées et habitées par l’homme. Cette phase d’expansion va renforcer la pression sur les écosystèmes fragiles. Qui dit industrialisation, dit artificialisation des sols, fragmentation des milieux et pollution. D’un autre côté, on assiste à l’émergence de réseaux scientifiques et associations de protection de la nature qui se mobilisent pour identifier et sauver les espèces menacées d’extinction.

Enfin, le livre s’achève sur une dernière partie relative aux variations et aux controverses. Elle fait l’état de certaines espèces en voie de disparition, aborde les volontés de certaines réintroduction d’animaux captifs dans leur milieu naturel ainsi que le fantasme scientifique actuel de la renaissance d’espèces disparues au travers des avancées génétiques. La reconstitution de l’aurochs en est un des cas les plus emblématiques.

Un livre magnifique que l’on feuillette tout en s’informant de la disparition de ces oiseaux, rongeurs, grands fauves, bestioles à poils, à plumes, petits et grands.

Commenter cet article